Louis Léopold OLLIER

UN GRAND MÉDECIN D'ORIGINE VANSÉENNE - (1830-1900)
 
Né le 2 décembre 1830 aux Vans, dans une famille qui, en quatre générations totalise neuf médecins, Léopold OLLIER, après ses études au collège de Privas, commence sa médecine à Montpellier en 1848. Il rejoint ensuite Lyon, dont la

réputation des chirurgiens est prestigieuse et où il est, en 1851, reçu premier au concours pour l'internat des hôpitaux. Tout jeune, il s'intéresse à l'étude des tumeurs cancéreuses, objet de sa thèse en 1856. Appartenant à la Faculté de Lyon, passionné par la chirurgie et l'expérimentation, il met en évidence le rôle du périoste dans la croissance et régénération des os, cette membrane recevra le nom de « couche ostéogène d'OLLIER ». Il est vrai que, dès 1857, en vacances aux Vans, il avait « transplanté le tibia d'un lapin sous la peau de son crâne, et le périoste du tibia d'un coq dans sa crête ; puis constaté que le périoste formait l'os ».
C'est sur les animaux qu'il expérimentait – prudemment – une médecine opératoire nouvelle. Elle lui a valu, en 1857, un grand prix de chirurgie pour une publication : « Traité de la régénération des os ». Il affirmait qu'on pouvait soigner sans recourir systématiquement à l'amputation, qui était alors la règle. Ses thèses ne furent pourtant pas acceptées sans controverse et ceux qui niaient le rôle du périoste furent qualifiés « d'anti-Olliéristes ».
Ses travaux se poursuivirent sur les caries osseuses, les nécroses, la tuberculose osseuse et articulaire, la trépanation, l'antisepsie. Praticien, expérimentateur soucieux de démonstration, il communiquait volontiers ses travaux, multipliant les publications, fondant en 1877, la « Revue de chirurgie », président du Congrès international à Berlin en 1890. La soixantaine passée, il découvrira une maladie inconnue : la dyschondroplasie qu'on appelle la « maladie d'Ollier » et s'intéressera encore à la gynécologie, à la chirurgie du nez, restant à l'écoute des recherches poursuivies à l'étranger.
Ces travaux de haut niveau ne l'empêchaient pas d'apporter tous ses soins aux malades, aussi bien dans son service de 200 lits à l'Hôtel-Dieu que dans les ambulances de marche de la Croix-Rouge qu'il organisa pendant la guerre de 1870. Visitant personnellement ses patients, il estimait qu'une opération n'est qu'un premier temps du traitement et que les soins ultérieurs sont aussi importants.
Élevé au grade de Commandeur de la Légion d'Honneur le 24 juin 1894 par le Président Sadi Carnot, Léopold OLLIER devait être, le jour même appelé au chevet de ce chef d'État que Caserio venait de poignarder. OLLIER décéda à Lyon le 25 novembre 1900.
Dès 1904 à Lyon, et en 1905 aux Vans, grâce à une souscription ayant reçu des contributions du monde entier, Léopold OLLIER eut sa statue par Bouchet.
Celle des Vans, échappée, au prix de péripéties variées, à la fonte sous l'occupation (l'occupant avait remarqué ses 945 kilos de métal), nous rappelle sur la Place de la Grave que ce savant ardéchois fut aussi un grand humaniste.
 

Docteur Maurice Folcher
d'après J. Thibon